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Saint Marceau et ses orgues
La pose de la 1ère pierre de l'église de Saint marceau eut lieu le 12 octobre 1888, date correspondant au 12 octobre 1428 à laquelle les anglais s'emparèrent du Portereau. La construction de l'orgue de Saint Marceau fut confiée à Charles BEAURAIN, organier orléanais qui a construit les orgues de Saint Aignan, Chécy et Beaune-la-Rolande. Il avait été à bonne école puisqu'il fut élève de CAVAILLE-COLL. L'orgue comptait 16 jeux, 6 au récit, 9 au grand orgue et 1 au pédalier. Lors du bombardement de juin 1944, le clocher fut abattu et l'orgue en même temps. Le rapport de sinistre du 10 mai 1951 stipule que le sommier, le moteur, la console supportant les claviers et les transmissions sont inutilisables : les tuyaux sont bosselés, déssoudés et au nombre incomplet. C'est en 1953 qu'un nouvel orgue MERKLIN-KUHN fut reconstruit avec des crédits "dommages de guerre". Il comportait 19 jeux dont 12 réels sur 2 claviers et 1 pédalier. Son mécanisme électropneumatique et l'utilisation de matériaux de mauvaise qualité ne lui donnaient aucune facture ; il dut subir une première restauration en 1974. Mais, au fil des années, les pannes et les ennuis mécaniques s'accumulèrent au point que l'orgue devint inutilisable ; les réparations étaient toujours provisoires et éphémères. En 1988, un autre épisode commence qui deviendra une véritable aventure conduisant à la construction totale d'un Grand Orgue Aubertin.
l'aventure allait commencer...
Il était une fois... au mois d'octobre de l'an mil neuf cent quatre vingt huit est née l'Association des Amis des Orgues des Saint Marceau.
L'objectif : remplacer le vieil orgue MERKLIN-KUHN de la paroisse par un instrument digne de ce nom.
L'aventure allait donc commencer... et pour une aventure, ce fut une aventure !
Imaginez : treize années de discussions, de démarches, de rencontres, de constitution de dossiers représentant des kilos de papier, des centaines de lettres, de correspondances pour convaincre et présenter un projet que nous voulions exceptionnel et hors du commun. L'Association des Amis des Orgues a su durant toutes ces années convaincre et transmettre une passion. Des partenaires exceptionnels nous ont apporté leur soutien, la paroisse de Saint Marceau qui nous a fait confiance et des adhérents qui n'ont jamais eu de moment de découragement. Le tout réuni a donné le résultat que vous découvrez aujourd'hui... exceptionnel ! Un instrument tant attendu qui peut susciter admiration ou étonnement : les goûts ne se discutent pas, mais il reste unique. Toujours est-il qu'il est là pour des siècles, pour tous, et grâce à la volonté de tous.
L'Etat, la Région, le Département du Loiret, la Ville d'Orléans n'ont pas failli à leurs engagements, qu'ils en soient chaleureusement remerciés.
L'histoire de cet instrument tant souhaité montre l'intérêt qu'a toujours suscité ce projet et qui permet aujourd'hui d'avoir un véritable seigneur de la musique au service de tous. Mais cette histoire ne s'arrête pas là, car le parcours de cet orgue est plein de promesses. Il sera là bien sûr pour les joies et les peines des saint marcellins, mais sa mission sera aussi de faire découvrir des talents. Alors, Bach, Buxtehude et tant d'autres vont être tellement heureux... mais cela est une autre histoire...
repères
4 octobre 1988 Création de l'Association des Amis des orgues de Saint Marceau
15 février 1993 Rencontre avec le maire d'Orléans
17 juin 1993 Vote d'une subvention par l'Assemblée Départementale
16 septembre 1993 Rencotre avec le Préfet Hubert BLANC
24 septembre 1993 Lancement d'une étude par la Ville d'Orléans pour l'implantation d'un orgue dans la ville
5 avril 1994 Nouvelle rencontre avec le Maire d'Orléans
11 août 1994 Rencontre avec le Député Antoine CARRE
12 décembre 1994 Le Conseil Municipal d'Orléans vote une subvention pour l'étude de la reconstruction
26 juin 1995 La Ville d'Orléans confie l'étude à un technicien du Ministère de la Culture
5 janvier 1996 Début de l'étude
12 juillet 1996 Adoption de principe par le Conseil Municipal de reconstruire l'orgue, suite et conclusion de l'étude
9 décembre 1996 Attribution de la réserve parlementaire du député de la 1ère Circonscription du Loiret
12 mars 1997 Etablissement du programme de construction
25 avril 1997 Adoption par le Conseil Municipal de retenir Bernard HEDIN en tant que maître d'œuvre
22 mai 1997 Présentation du dossier à la Commission des Orgues Non Classés à Paris
30 septembre 1997 Ouverture des plis à la Mairie suite à l'appel de candidature pour la reconstruction de l'orgue de Saint Marceau
1 décembre 1997 Ouverture des plis suite à l'appel d'offre
6 janvier 1998 La Manufacture AUBERTIN est retenue pour la reconstruction de l'orgue
27 novembre 1998 Cérémonie à l'Hôtel Groslot pour le lancement de la reconstruction de l'orgue
2 juin 1999 Réunion à la Mairie pour la modification de la Tribune
11 octobre 1999 1er déplacement chez le facteur d'orgue à Courtefontaine dans le Jura
30 janvier 2000 Adieu à l'orgue MERKLIN-KUHN
1 février 2000 Appel d'offre pour la reconstruction de la Tribune
3 avril 2000 Début des travaux de la Tribune
19 mai 2000 Coulage de la dalle de la Tribune
13 septembre 2000 Déplacement chez le facteur d'orgue
12 décembre 2000 La date du 17 juin est retenue pour la bénédiction de l'orgue
30 mars 2001 Lancement de la fabrication des grandes oriflammes
17 mai 2001 Arrivée de l'orgue dans deux semi-remorques et montage
28 mai au 1er juin 2001 Accords et harmonisation de l'instrument
10 juin 2001 Cérémonie de bienvenue à l'orgue
17 juin 2001 Bénédiction de l'orgue par Monseigneur Daucourt Evêque d'Orléans
16 septembre 2001 "Grand Jeu", déploiement des grandes oriflammes
23 septembre au 4 octobre 2001 Inauguration du Grand Orgue Aubertin
Pourquoi un orgue baroque nord-allemand à Orléans ?
Il y a une raison qui m'a incité à m'orienter et à guider mes amis vers une esthétique nord-allemande ; elle est de nature pédagogique. Afin de mieux connaître notre facture française, les organistes étrangers viennent beaucoup en France, et en grand nombre, car ils éprouvent des difficultés à jouer notre répertoire, n'ayant évidemment à leur disposition les instruments adéquats allant du XVII au XXème siècles que nous avons le bonheur de posséder. Or, à Saint Marceau, grâce à l'orgue Aubertin, le seul en région Centre de cette importance et de cette esthétique, nous pourrons comprendre et jouer une musique qui est l'apanage de nos voisins (ce qui n'empêche pas, toutefois, de faire un tour en allemagne). Ce souci d'être en osmose, en harmonie avec la littérature organistique allemande, que nous pourrons interpréter ici avec fidélité, nous permettra d'admirer un chef d'œuvre sans plus d'étrangeté que nous admirons un tableau de l'Ecole Hollandaise, Espagnole, Italienne ou Anglaise dans un musée français et un impressionniste à Londres ou à Boston.
En conclusion, je dirais que cet orgue de Saint Marceau - meuble et harmonie - est avant tout un "Bernard AUBERTIN" qui ne ressemble, d'ailleurs, à aucun de ses aînés sortis du même atelier. Dans un tel édifice, non classé, la création s'imposait.
Le Grand Orgue Aubertin
les sommiers
Ceux-ci sont confectionnés en chêne massif. Les tables sont flipottées, c'est-à-dire que chaque gravure est obturée par son couvercle, ce qui limite considérablement les avaries en cas de fissure dûe à un chauffage excessif et non muni d'humidificateur. Tout est de facture artisanale : soupapes collées en queue (sauf à la pédale pour des raisons d'entretien), ressorts en laiton sans boucle, bousettes en peau, etc,...
La tuyauterie est disposée d'une manière simple et accessible. Le positif de dos diatonique est disposé en deux buffets en bordure de tribune et le grand orgue en V. Les sommiers de pédale placés dans les grandes tourelles sont diatoniques en mître.
mécanique des notes
Les tracés mécaniques des claviers manuels sont aussi directs que possible. Le premier clavier foule directement, via des pilotes, un abrégé en fer rond. Le second GO (Grand Orgue) suspendu, tire les soupapes via un grand abrégé en fer ; le troisième, récit, suit le chemin du GO et tire les soupapes via un abrégé en fer. La mécanique de pédale se divise en deux juste après le pédalier en côtés C et C# pour atteidre les sommiers de pédale de part et d'autre de ceux du positif. Les accouplements des claviers sont à tiroir pour GO et positif et à fourchettes pour récit/GO. Il y a une tirasse GO et deux tremblants doux à vent perdu pour GO et positif pour le récit.
mécanique des registres
Ces mécanismes suivent le même principe que ceux des notes. Ces transmissions sont réalisées en fer carré pour les rouleaux, les sabres sont également en fer. Les liens reliant les règles de pédale et de positif sont extérieurs au buffet et passent sous les planchers. Les tirants à la console sont carrés munis de pommeaux en bois tourné. Les étiquettes sont en papier.
vents
L'ensemble des claviers manuels est alimenté par trois soufflets cunéiformes en chêne (pression 95 mm). La pédale est alimentée par deux soufflets cunéiformes placés dans les tours de pédale (pression 105 mm). Tous les postages sont en plomb, tous les porte-vent sont en bois : chêne et châtaignier.
tuyauterie - harmonie
L'ensemble de la tuyauterie est neuf à l'exception de quelques rangées anciennes revues et corrigées pour s'intégrer au reste. Les façades sont en étain bruni à 75 %. Certains jeux, gambes, trompettes sont en étain, le reste en 35 %. Les basses sont en bois. Tous les tuyaux en métal sont vernis.
La sonorité de l'instrument se caractérise par une grand plenum monobloc. Ce son orgue pur est entouré de sonorités tendant à imiter les instruments. La couleur générale est germanique par les tailles, les couleurs sonores, les hauteurs de bouches, quelques jeux sont très typés, flûte à cheminée 4' très étroite, sexqualtera et dulciane 8' au positif, plenums au GO, au positif et à la pédale, traversine 2' harmonique sans trou au récit (copie d'un jeu XVIIème siècle de Hambourg Saint Jacques), buzène et trompette pédale. Quelques compromis : gambe GO et flûte traversière au récit sudistes, trompette GO francisante.
positif de dos - 56 notes C-g''' en balustrade en deux parties
Principal 8' C-A en bois - B-g" façade 75 % reste 35 % - son doux et fin taille étroite
Bourdon 8' C-g châtaignier - g#-g''' 35 % - doux et rond (C-A communs avec Pr 8')
Octave 4' 35 % grosse taille - son ample et calme
Flûte 4' A cheminée tuyaux anciens
Nazard 3' 35 % ouverts - bouches étroites - calme et flûté
Flûte 2' 35 % - son vif et sucré
Doublette 2' 35 % son brillant
Sifflet 1' 35 % comme 2'
Sexquialtera II 35 % étroite et brillante
Mixture V 35 % étroite et brillante
Dulciane 8' 35 % grosse taille - son doux et coloré
Fagott 16' En attente
grand orgue - C-g''' 56 notes
Quintinal 16' C-H en chêne c°c#' en façade 75 % suite 35 % - basses mordantes son calme
Montre 8' C-H en façade 75 % - son plein et riche f#-g''' à double rang
Flûte à cheminée 8' C-d en bois d#-g''' anciens
Gambe 8' 96 % et 75 % taille très menue - son tranchant, coup d'archer
Prestant 4' 35 % riche et brillant
Flûte 4' 35 % cônique - son progressif
Quinte 3' Comme Prestant
Doublette 2' Comme Prestant
Mixture VI 35 % vive et brillante
Trompette 8' 75 % grosse taille basses sombres, medium et aigus brillants
Basson 16 En attente
récit-C-g''' 56 notes
Flûte traversière 8' en chêne f'-f'' harmoniques - taille étroite - à l'imitation
Bourdon 8' Châtaignier - son doux C-e'' communs avec Flûte 8'
Flûte 4' C-g'' façade g#''-f' sur sommier - son doux et clair
Nazard 3' En attente
Traversine 2' Harmonique sans trou 35 % imite le fifre
Tierce 1 3/5' 35 % taille moyenne - son riche
Quinte 1/3' 35 % taille moyenne - son brillant
Voix humaine 8' 75 % en boîte à couvercle mobile - son coloré
pédale 30 notes C-f'
Principal 16' 75 % E-f' en façade taille moyenne - son tranchant et mobile C-D#= 16' + 8' + 5 1/3'
Quinte 12' Châtaignier - bouches hautes - son plein
Octave 8' C-c#' châtaignier - suite métal - son large et plein - partie Ut ancien
Bourdon 8' C-H en bois - suite métal - ancien
Prestant 4' Ancien - son généreux
Flûte 2' En attente
Mixture 2'IV 75 % brillante sans agressivité - tuyaux anciens
Buzène 16' Epicéa - anches côniques peaussées, très fondamentale
Trompette 8' 35 % anches côniques - son rond
Cornet 4' En attente
Diapason A440 Tempérament selon Young - expression voix humaine : III/III/II II/P
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